vendredi 6 mars 2020

Alternatives locales

Cette rubrique s'intéresse à toutes les initiatives écocitoyennes sur le territoire landais.

Pourquoi ont-elles pris une telle importance symbolique ?

Parce que les élections ne suffisent plus pour que s'exerce le vrai pouvoir démocratique du peuple : le vote blanc n'est pas pris en compte, qui seul pourrait nous sortir de cette impasse électorale, le choix entre un serviteur du capital ou une marchande de haine.
Le pouvoir des élites, de plus en plus autoritaire, démembre pierre par pierre le système de protection sociale, en le privatisant : les retraites, la santé, les aides sociales, etc. Dans un laboratoire aux Etats-Unis, ils sont parvenus à cartographier le coronavirus, il ressemble étrangement à notre président : un visage impavide hérissé de matraques et de tasers pour empêcher les manifestants.

Ainsi, au bas de la pyramide technocratique, les gens s'organisent, partagent, s'entraident, inventent des modes de vie alternatifs, proposent des solutions concrètes. A l'échelle globale, ces efforts semblent parfois travail de fourmi, mais quoi, il faut vivre la tête haute : avec pour colocataire l'usine de Bayern-Monsanto à Peyrehorade, que l'on sait puissamment dotée d'armées d'avocats, de consultants, d'experts en tous genres, l'action de ces individus et associations humaines prend tout son sens : c'est le combat du petit écureuil landais contre le Goliath du libre marché, celui qui avale tout sur son passage, écosystèmes, êtres humains, écureuils et tout ce qui fait obstacle à son expansion.

Pour autant, il ne s'agit pas ici de tomber dans les extrêmes et de faire des leçons de morale. Simplement rendre compte des initiatives intéressantes, vertueuses ou parfois simplement amusantes, de celles qui éveillent l'esprit critique et améliorent la qualité de vie des habitants des Landes, département préservé comparé à d'autres territoires.

Beaucoup de ces initiatives ont un rapport à la terre et c'est bien compréhensible : en effet, entre agriculture intensive et dégradation des milieux naturels, l'hommo erectus agropastoral est devenu un rat des villes ; c'est en revenant à ses racines qu'il reprend le contrôle de sa vie, il délaisse les allées des méga centres commerciaux pour parcourir la campagne et échanger avec ses semblables. De plus en plus, il troque le dernier smartphone contre une bêche et un sac de terreau.

L'expression de ce renouveau passe également par des actions de protection du patrimoine naturel et social, par le biais de regroupements associatifs ou bien spontanés. L'écureuil en a assez d'être stigmatisé comme un créature fainéante qui vit au crochets de la société, le discours public le place dans des catégories pour mieux le manipuler, l'écureuil reprend le contrôle de son destin.

La crise du coronavirus me fait l'effet d'un réacteur chimique ou d'un exhausteur : les coupes budgétaires sur tout ce qui améliore la qualité de vie des êtres humains (à commencer par la santé) donnent un goût d'amertume ; la prééminence des géants de l'économie de marché (supermarchés, Amazon, etc.) sur les producteurs locaux laisse comme un arrière goût de nitrates. N'oublions pas que le grand argument des défenseurs de l'agriculture et de l'élevage intensifs, basés sur la monoculture et le recours à la chimie, tient en cette petite phrase sarcastique : "On ne nourrira pas la planète avec du bio". Faisons le pari du contraire : à titre d'exemple, le soja et maïs transgéniques, pour alimenter les camps de concentration à cochons, ne nourrissent que très indirectement les êtres humains.

Cette pandémie crée des contraintes lourdes sur la liberté de circulation des hommes et des marchandises, les petits producteurs locaux vont-ils s'en relever ? En distribuant localement, ils réduisent la dépendance aux énergies fossiles (réduction du transport de marchandises longue distance) et au diktat du marché ; en éliminant les intermédiaires, ils valorisent le travail des producteurs et redonnent de l'autonomie alimentaire au consommateur ; mais sont-il opérants face à ce scénario inattendu ? Passée la sidération des premières semaines, quelques-uns semblent s'adapter, en effectuant des livraisons et prenant des commandes individuelles groupées, en s'entraidant entre confrères, etc.

Consommer "bio" et local, c'est dire bonjour à son estomac et dire merde à l'économie de marché, celle qui s'enrichit sur le cadavre fumant des écosystèmes et des êtres humains, en les opposant.

A la date du 31/03/2020, le listing des producteurs locaux sera accessible sur le site de l'AANA (Agence de L'alimentation en Nouvelle Aquitain)

Également ici, la liste des producteurs bio dans les Landes et en Gironde.

                                          Retrouvez cette caricature sur blagues-et-dessins.com

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